Seul sur ma butte
Careful what you wish for 🤨

Quand j'ai vendu Snipcart en 2021, j'étais brûlé. Pas juste fatigué—brûlé au niveau des relations d'affaires, des structures de compagnie.
Le processus de vente avait été rough. Des frictions avec certains partenaires. Des visions qui divergent au pire moment possible. Quand vient le temps de prendre une décision life-changing comme vendre ta compagnie, tu réalises vite que les intérêts personnels peuvent clasher solide—même entre gens qui se respectent.
Ensuite, l'intégration chez Duda: des patrons, une structure, des comptes à rendre, du reporting, des couches organisationnelles que j'avais jamais vraiment vécues avec Snipcart.
Fait que quand j'ai lancé SaaSpasse, mon dial interne pour "liberté et autonomie" était tourné à 11 sur 10. Je voulais:
Ma propre compagnie
ĂŠtre solo founder
Ne devoir de compte Ă personne
Faire ce que je veux, quand je veux
Caller les shots, poursuivre ce qui m'excite
Embaucher qui je veux, dépenser comme je veux
Bref, ĂŞtre seul au sommet de ma petite butte.
Looking back, trois ans plus tard? Cette réaction-là était une trop forte réponse aux gros deux ans que je venais de vivre.
Be careful what you wish for, I guess. Parce que je l'ai eu, ma liberté. Pis c'est moins le fun que je pensais.
Seul au «sommet»
Trois ans plus tard, j'ai exactement ce que je voulais.
SaaSpasse, c'est ma compagnie. 100% à moi. Pas de board. Pas de VC à qui expliquer mes décisions. Pas de partenaires avec qui négocier la direction. Les seules personnes à qui je dois vraiment quelque chose? Mes clients. Mon audience. Mon équipe.
Seul au top de ma petite butte.
Après avoir goûté à beaucoup de global, j'ai décidé de focus sur du local. Et ça: aucun regret. J'ai développé des relations plus profondes et une connaissance plus valuable de mon écosystème queb. Ça m'a permis de dire non aux projets internationaux, aux voyages offshore, aux calls à des heures pas optimales. J'ai misé sur le Québec, et je suis content de l'avoir fait.
C'est dans le "je fais ce que je veux quand je veux, contrôle total" que ça se complique.
Quand personne te dit non
Ce que j'ai réalisé, c'est que dans cette condition-là (contrôle total, zéro contrainte) je ne performe pas à mon meilleur.
Quand il n'y a aucune friction dans ton leadership, ta gestion, tes décisions... les traits moins positifs de ta personnalité peuvent s'infiltrer. Des fois sans même que tu t'en rendes compte, parce que t'es dans le feu de l'action.
Pour moi:
L'impulsivité. Une idée me pogne, GO. Je prends pas toujours le temps de laisser décanter.
Le court-termisme. J'évalue les conséquences à court terme d'une décision, mais pas celles à moyen-long terme. Pis c'est là que je me fais mordre le derrière.
Les tendances dépensières. Quand c'est mon argent et que personne questionne mes dépenses, le portefeuille s'ouvre plus facilement.
Ces traits-là , dans une structure normale, se font challenger. Un partenaire qui dit "attends, t'es sûr?". Un board qui demande des justifications. Un co-fondateur qui tempère ton enthousiasme.
Mais quand t'es seul au top de ta butte? Y'a personne pour te ralentir. Tes angles morts restent morts.
Le produit, c'est (souvent) moi
Pis v'lĂ l'ironie.
SaaSpasse, c'est une minuscule compagnie. Pis ce qu'on vend, ce qu'on offre, c'est en grande partie... moi. Mon visage. Mes mots. Ma présence. Ma participation.
Fait que toutes ces décisions pas optimales, toutes ces moves trop yolo? Ça me revient DIRECT. Dans mon workload. Dans mon stress. Dans ma qualité de vie.
L'année passée, j'ai été pris dans cette loop-là plus souvent qu'à mon tour. Décision impulsive → conséquences sous-estimées → scramble pour rattraper → stress → prochaine décision impulsive pour régler le stress → repeat.
Quand t'es une grosse compagnie, tes erreurs se diluent dans la structure. Quand t'es seul au top d'une micro-compagnie où TU es le produit? Chaque erreur t'atterrit sur les épaules.
Des contraintes, c'est bon pour moi
Le pire, c'est que je le savais déjà .
Cette leçon-là , que les contraintes, la structure, l'imputabilité, c'est bon pour moi, je l'avais déjà apprise. Dans d'autres sphères de ma vie.
En thérapie. En fitness avec un coach. Dans ma vie personnelle avec ma blonde, ma mère, mon chien.
Les contraintes me permettent de:
Canaliser mes highs et limiter mes lows
Me faire check quand je me raconte une histoire ou que je dis de la bullshit
Voir plus loin que le court terme, les conséquences de deuxième, troisième ordre
C'est peut-ĂŞtre la partie adolescente en moi qui fight back encore. Le gars qui veut pas se faire dire quoi faire. Mais rendu Ă bientĂ´t 36 ans, faut que j'accepte: avoir des comptes Ă rendre, c'est une feature, pas un bug.
Ce qui manque
C'est drôle, en relisant de vieux éditos, je me suis rendu compte que j'écrivais quelque chose de similaire il y a un an, presque jour pour jour. Historiquement, j'ai pas été quelqu'un qui performe bien seul.
C'est con, mais j'avais un peu oublié ça. Chez Snipcart, même dans les moments les plus tough, on était plusieurs. La camaraderie. Le sentiment d'être in it together. Pouvoir tirer quelqu'un par le haut, se faire tirer soi-même quand tu files moins bien. Se challenger, se supporter.
Ça, c'était un des points les plus brillants de cette époque-là .
Au début de SaaSpasse, j'ai eu quelques tentatives de partnerships. Ça n'a pas fonctionné. Mauvais fit, mauvais timing. Mais ces échecs-là m'ont encore plus repoussé vers le mode solo. Once bitten, twice shy.
Sauf que là , après plus d'un an à runner vraiment seul? Le calcul est clair.
Les low hanging fruits (jaser avec des partenaires stratégiques ici et là , jam sur une décision avec un ami entrepreneur) c'est trop ponctuel. Trop réactionnaire. Trop après coup. Ça laisse trop de craques où mes traits négatifs peuvent s'infiltrer.
Ce qui me manque vraiment, c'est d'avoir un ou une partenaire d'affaires. Quelqu'un de complémentaire, avec du skin in the game, et une vision commune.
L'ouverture
Je suis pas en train de faire un appel aux associés. Je post pas une offre d'emploi de co-fondateur sur LinkedIn.
Mais je laisse la porte entrouverte. Je laisse un peu de lumière rentrer dans cette option-là .
Les prochaines initiatives que je vais lancer, dans SaaSpasse ou autour, j'ai pas envie de les faire seul.
Pis surtout, je veux pas me productizer encore plus. Si la business dépend à 100% de ma face, de ma voix, de ma présence pour fonctionner... ça scale pas. Pis ça m'épuise.
L'année passée, ma balance bien-être était négative. J'ai construit une lifestyle business, mais j'ai oublié le lifestyle.
Donc 2026, le thème c'est simple: faire moins, mais mieux. Dire non plus souvent. Retrouver un équilibre. À la fin de l'année, je veux que cette balance soit au moins neutre.
Si t'as du feedback sur comment te bâtir une structure d'imputabilité autour de toi quand t'es solo, je suis preneur.
Dans tous les cas, ça reste un honneur et un privilège de pouvoir bâtir ça avec vous. Merci de me lire.
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Cheers,
Frank đź’ś
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Haha non.
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