Manager malgré toi
ALLOCATION ALLOCATION ALLOCATION

J'étais en train d'onboard Joëlle sur Claude Code quand j'ai eu l'idée pour cet édito.
Je m'écoutais lui expliquer du mieux que je pouvais l'approche avec ce nouveau paradigme de travail, et je me suis dit que ça pourrait peut-être servir à d'autres!
Ces temps-ci, ma job ressemble pas mal à:
Quatre ou cinq sessions Claude Code d'ouvertes en même temps dans Warp (mon app de terminal). Quatre chantiers parallèles. Plus que ça, je commence à perdre le fil un brin et faire de la bouette. Je switche entre les quatre, donne du feedback, redirige, valide.
Comme plusieurs citoyens du Ternet, j'ai réalisé à quel point mon day-to-day ressemble à celui d'un power manager.
Moi qui tripe sur les parties IC de ma job—genre écrire—je suis devenu, sans trop m'en rendre compte, le gestionnaire d'une petite armée d'agents qui exécutent pendant que moi, je dirige.
Je suis pas le seul à vivre ce shift-là. Pis je pense qu'on en parle pas assez de ce que ça fait—concrètement, au quotidien—de passer de doer à "allocateur".
L'économie de l'allocation
Dan Shipper, le fondateur de Every, a écrit un article qui m'avait frappé: The Knowledge Economy Is Over. Welcome to the Allocation Economy.
Sa thèse: la valeur que tu crées passe de "combien de choses tu sais" à "comment tu alloues tes ressources". L'AI est devenue une couche d'abstraction par-dessus le thinking de base. Tu seras pas jugé sur la quantité de ce que tu sais faire, mais sur la qualité de ce que tu délègues, supervises, pis rediriges.
En gros, on est tous devenus des model managers.
Jason Fried a poussé l'idée un cran plus loin dans The Joy of Delegating to Competence:
Until now, very few people have known what it feels like to delegate to total competency. That kind of delegation—that depth of trust—is pure joy.
Pis il a raison. Le feeling de demander quelque chose à un agent, de le voir exécuter avec compétence, revenir avec un résultat solide, pis de se dire "j'aurais pas fait mieux moi-même"? C'est un high.
Mon boy Charles, cofondateur d'Agendrix, est en train de pousser un shift AI-first dans son engineering org. Il a même buildé lui-même une app de compliance ISO avec Claude Code—put his money where his mouth is. Son point clé: oui, en séquentiel, feature par feature, tu peux avoir un résultat plus fine-tuné. Mais l'avantage réel que tu unlock avec les agents, c'est la parallélisation. Différents agents sur différentes parties du problème en même temps. Tu switches entre les chantiers, tu révises chaque partie. Au final, tu vas plus vite dans l'ensemble.
C'est la job d'un manager. Sauf que ta team, c'est des agents.
Tout tirer vers toi
Pour que l'allocation marche, il faut un point central. Un hub d'où tu diriges tout.
Mon setup: Claude Code connecté à mon Missive, mon Slack, mon Gcal, mon Xero, mon Notion, mon Google Analytics. Des MCPs partout (des fois des intégrations directes avec l'API). Je ne switch plus entre quinze onglets pour aller chercher de l'info—je la tire vers moi. Je dis "va me chercher les revenus du dernier trimestre" pis ça revient. "Crée une facture draft pour ce client-là" pis c'est fait. "Envoie un message dans le channel #général" pis c'est envoyé.
Le context switching d'application—celui qui te vidait le cerveau—est en train de disparaître.
Pis c'est pas juste pour les devs. Claude web, ChatGPT web, même des outils no-code comme Notion: le principe de tout connecter, de tout router vers un seul endroit, ça existe partout. T'as pas besoin de coder pour devenir un power allocateur.
(Pis anyway, Claude Code peut coder pour toi aujourd'hui.)
Le deuil du craft… et du BS
Mais je vais être transparent: il y a des affaires que je ne fais plus, pis ça me fait quand même quelque chose.
J'ai vécu un shift similaire y'a plusieurs années quand je suis passé de rédacteur à éditeur de contenu. J'écrivais tout moi-même—chaque intro, chaque tournure, chaque punchline. Le feeling artisanal de taper les lettres, les voir se matérialiser en mots, effacer, recommencer, relire une intro pour la troisième fois jusqu'à ce qu'elle sonne juste. C'était mon jam, baby.
Pis un jour t'arrives à un point où ça ne scale plus. Tu délègues. Tu deviens celui qui révise, qui donne du feedback, qui polit le travail des autres. Utile, nécessaire... sure. Mais c'est pas pareil.
Aujourd'hui, une transition similaire prend place... mais à plus grande échelle. C'est pas juste un deuil, des fois, c'est carrément une célébration:
Avant, ma charge mentale c'était souvent de FAIRE les tâches. Lire de la doc, retrouver des courriels, cliquer dans des interfaces, changer de contexte entre quinze onglets. Ça me grugeait l'âme. Thank god je n'ai plus à faire ça.
Mais comme je disais: à travers cette bouette-là, il y avait des tâches discrètes que j'adorais. Des petits moments de craft pur. Pis ceux-là aussi, je les fais de moins en moins.
Étrange époque.
Par contre, force est de constater: faire chaque chose à la main, c'est économiquement non productif. Mieux d'être éditeur la majorité du temps. Chacun à son échelle va le vivre—le designer qui prompte au lieu de dessiner, le dev qui supervise au lieu de coder, le marketeur qui orchestre au lieu de rédiger.
La bonne nouvelle? T'es libre de te carve out des moments artisanaux. Personne t'oblige à tout déléguer. L'important c'est de choisir consciemment quand tu mets les mains dedans—pas par défaut, par choix.

DING DING DING, ça sent le brûlé, pis le brûlé c'est toé.
La nouvelle charge mentale
Bon, donc l'ancienne charge mentale—la bouette administrative, le context switching d'app—est en train de mourir. Bon débarras.
Mais une nouvelle s'est installée. Plus sneaky.
"Est-ce que je déploie l'intelligence aux bons endroits, aux bons moments? Est-ce que j'en fais assez? Est-ce que c'est bien encadré?"
Samedi passé, fin d'après-midi. Je savais exactement quel problème avancer, quel prompt faire. C'était même pas moi qui allais faire le travail—juste enligner l'agent. J'ai ouvert l'ordi "pour cinq minutes". Deux heures et demie plus tard, j'étais encore dedans. Rabbit hole de productivité. Addictif.
Le twist: quand c'est pas toi qui fais le heavy lifting, le coût d'opportunité de ne PAS être en train de déléguer devient constant. T'es jamais vraiment off. Ton cerveau tourne en arrière-plan: "je pourrais lancer un agent sur ça pendant que je soupe..."
Rian Doris, du Flow Research Collective, parle du concept d'allostatic load—le wear and tear cumulatif du stress non-récupéré. Son modèle: les athlètes de haut niveau passent la majorité de leur temps à s'entraîner et récupérer. Les entrepreneurs? Presque rien en récupération.
DING DING DING, ça sent le brûlé, pis le brûlé c'est toé. Burnout has been a forever bitch for builders.
Son take: peak performance comes down to out-oscillating—not out-working—others. Être 100% on ou 100% off. Éliminer tout ce qui est entre les deux. Netflix sur le divan, c'est pas de la récupération—c'est du numbing.
On a besoin d'un modèle de récupération adapté pour les builders de 2026. Parce que si tu sur-stimules le système en permanence, tu vas le brûler. Pis ça, même le meilleur agent au monde peut pas le fix pour toi.
Le monde tel qu'il est
Récemment, un ami me disait à quel point le stoïcisme l'aidait à passer à travers une passe tough.
Une posture stoïque en temps chaotique, c'est jamais un mauvais bet.
Les choses ont changé. Pas besoin de rage poster là-dessus. Pas besoin non plus de faire semblant que tout est merveilleux.
La manière de travailler évolue. Ta job, ta carrière, ta compagnie—tout ça se redéfinit en temps réel. La seule posture qui tient la route: interagir avec le monde tel qu'il est. Se salir les mains. Essayer des affaires. Se tromper. Recommencer.
Devenir un meilleur allocateur, oui. Mais aussi savoir quand fermer le laptop pis aller marcher.
L'équilibre, c'est le meta-skill de 2026.
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Cheers,
Frank 💜
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